28 Déc 2007 - 09:48:27
Au delà du fil barbelé (HAMMAM BOUHADJAR)
CHAG ESSELK
Auteur Déporté
Au delà de la frontiére
Aux Messieurs les responsables de cette tribune je dis : c’est a vous que revient le mérite d’avoir suscité en nous ces douloureux émotions, que je ne croyais pas qu’ils sont d’une telle ampleur.Avec effervescence,et pour plusieurs raisons, on en parlera par la suite…Alors, pour que je sois sincère, innocent et honnête dans mon témoignage pour l’histoire,pour que je sois du coté de la vérité,j’ai préféré de m’exprimer en langue arabe comme un authentique moyen d’expression,parce que je suis tout à fait convaincu que n’importe quelle autre langue, malgré sa richesse en vocabulaire et termes d’expression, ne va pas suffire d’ interpréter ce qui s’est passé en ce jour,en ce mois et en cette même année,parce que la tragédie était dramatique,et le malheur était beaucoup plus grave. Par où commencer et comment citer et discuter. Tout est confondu pour moi, les scènes et les événements sont imbriqués les uns avec les autres, jusqu’au point que je ne sais plus comment m’embarquer dans cette embarcation de ce voyage .... Cette aventure, C'est le chaos des images. En tout cas, je vais laisser mon bateau prendre le cap.. J’allais le laisser avancer, puisque moi je me suis culbuté par ma conviction et ma grandeur et ma détermination de contester cette folie sans pagaie .. Sans respect des priorités.. Sans priorités, sans être engagé sous réserve des règles et sans obligation narratif des cours académique .... Alors au nom du Dieu,nous continuons à décrire nos atrocités. Viens frère Mohammad pour que nous enjambions ensemble les accès du passé noyé, dressons ses haleines... comptons ses vénérations et ses soupirs et inspectons le Hall de notre grande maison, « L’étable » , « Le figuier et ses fruits » ,« Le poulailler » et « Le four » ... ô Mohammad ô mon cher frère,je me souviens «du four » comment son pain était si délicieux,mieux que le boulanger . Et « La vigne »où nous nous reposions vers l’après-midi, et où nous sirotions ensemble les verres du thé, « Ma grand-mère Yamina »-El-Haj – El-Hajja Milouda –Rabiià et Ahmed », et sous la table un ou deux chats…, et ce décor des chats se succède et se répète a chaque repas et chaque rassemblement. C'était tout une union et tout était uni … L’homme,L’homme et L’homme, la bête et le bienfait, des nappes et des couvertures ….
Où est ce que je me trouvais moi, au cours de cet après-midi... Parmi cette multitude " foule ", qui fait emplir toute l’esplanade de la maison.
Dans quel coin je m’étais enfui et dans quel état se trouvait mon cœur et mes sentiments.Est ce que je sautillais de joie pour une imminente balade ( ). En fonction de l’innocente foi de l’adolescence qui ne connaisse pas les conséquences des choses, ou j'ai été abasourdi et égaré au fond de lamentations d'adieu ...Comment étais-je alors... Dis-moi, où étaient tes jambes, o toi Mohammed, o compagnon de mon existence,
comment était-ce ton sentiment pendant cette soirée.Il ne m’est jamais arrivé à te demander cela,même si je me doutais, tu étais comme moi radieux et complaisant pour partir .
Nous n’étions pas indifférent à l’énigme, O mon frère, qu’on se le dise explicitement. Nous ne percevions pas l'impact des faits sur El-Haj et El-Hajja et sur toute la famille, toute entière. Nous n’étions pas fidèles aux larmes...de Rabià "la pauvre" qui était en partance pour "Tmouchent"pour tenir en courant Yamina de la marée qu’elle est, bel et bien parvenue, et le temps de partir est enfin arrivé.
Au cours de cette nuit les gens étaient alignés sur le trotoir...Tout au long du trotoir, ils clament "As-Selk..As-selk" .Une poignée de sable...s'est éparpillée et nous étions la victime,nous étions également la "TAXE" et nous avions payé le prix.
Les familles attendent.Le lieu était étroit et la foule était très dense,le parvis était asphyxiant et dans l'incapacité d'accumuler tout le monde.J'ai vu ce que j'ai vu,et je vois toujours ce que j'ai
vu... D'ici au juste je me rappel que quelques- uns de cet ammassement d'hommes , de femmes et "momes" » étaient entassés à meme le sol ,D'autres endossaient le mur,et chaque famille déposait devant elle entre leurs pieds leurs effets, assignés a leur sort et supportaient l'endurance du temps en attendant la suite inconnue.
Les visages étaient crispés et les esprits dévoyés,et chaque cœur était occupé par son affligée.La lumière de "l"ampoule" lui également était pâle, qui a donné à l'endroit un air de désolation et de tristesse en trop. Je me suis enfui avec ma famille, et nous avions pris notre place au sein de la foule, et dans ma main mon cartable qui ne m'a quitté du tout,il comportait mes cahiers et mes livres et autres affaires scolaires me concernant... Je conserve toujours et jusqu'à présent un livre *intitulé le sélectionné dans les règles de la langue arabe 2° année moyenne*, sous la supervision de l'Inspecteur général Abdul Rahman Shaiban Institut pédagogique national d'Algérie.
Moi,je n'oublierai jamais cette nuit où le car se dirigeait vers l'inconnu et le "motar" quit nous devançait et la jeep
derrière nous,et nous,nous étions déportés par force et injustement,nous n'avions rien commis de grave,sauf que nous étions Marocains.Je me rappel que nous étions stopé a "Tmouchent",et que les hommes et les femmes sont descendu,et nous les petits nous sommes restés en patientant…,j'ai entendu de "Malika" épouse de mon oncle maternel Abderahmane,tout en continuant notre voyage disait-elle,a celui ou celle qui prenait place a son coté,qu'elle
souriait en soulevant "l'ardoise"sur sa poitrine.
A cet instant je me suis rendu compte que tout un chacun a été photografié , et je croyais certainement que "l'ardoise"portait un Numéro ? Et le nom de chaque victime .
Fin
NB:CHAG ESSALK ça veut dire au delà de la ligne des fils barbelés( la fameuse ligne Maginot qui separe la frontiére Algero-Marocaine).

Syndication
15/04/2009 @ 14:40:18
par Ego
- J adhere totalement a cette ...
25/03/2009 @ 12:01:46
par scherifi
ces gens du gouvernement algérien mentent ...
14/03/2009 @ 17:48:02
par mohamed
et vous avez oublié les algeriens ...
27/02/2009 @ 11:13:22
par king
témoignage très émouvant mais néanmoins captivant,je ...
26/12/2008 @ 13:01:56
par prouesse