04 Sep 2008
Première rencontre internationale
Association Des Marocains ayant vécu En Algérie (ADMEA)
Rabat (Maroc), le 20 juillet 08
Mesdames, Messieurs,
Chères amies, chers amis,
Avant toute chose permettez-moi de remercier l’association Association Des Marocains ayant vécu En Algérie (ADMEA) et ses principales chevilles ouvrières qui ont organisés cette rencontre qui permet, à des Marocain/es venant de tous les coins du monde de se retrouver ici à Rabat.
Notre présence ici oscille autour de deux mouvements : le premier, dynamique ; le second, douloureux. En effet, abordé sous le versant positif, nous sommes présents ici pour évoquer la paix, la solidarité et les droits humains. Mais, versant douloureux, nous allons aussi nous allons aussi ouvrir une discussion plus difficile, qui fait partie de l’histoire de nombre d’entre nous. Ce fragment d’histoire s’inscrit en 1975, date à laquelle l’Algérie expulse femmes, hommes, enfants, vieillards, personnes handicapées- ironie du sort, parfois rescapés de la guerre d’Algérie à laquelle ils ont pris part.
Si la douleur était incommensurable, elle était d’autant plus vive que l’exaction commise l’a été par un pays voisin, un pays frère. Un pays qui commettait une démarche regrettable, une erreur politique et stratégique qui portera l’estocade à toute forme d’union maghrébine voire arabe. Les pays arabo-berbères s’ils avaient franchi l’étape de l’union en auraient gagné, à coup sûr, en crédibilité, en solidarité, en force politique, sociale, économique mais aussi voire surtout culturelle et humaine. La construction de l’Union européenne, fusse-t-elle difficile est l’exemple sur lequel nous pouvons nous appuyer pour étayer nos propos.
Chers amis, chères amies,
J’ai accepté de m’intégrer à la démarche initiée par l’association ADMEA car elle noble, légitime et surtout dénuée de tout esprit revanchard. En effet, le plus bel acte que peut poser l’être humain c’est de convertir ses difficultés, ses douleurs, ses souffrances en une stratégie collective fondée sur l’intérêt du plus grand nombre. C’est ce ressort qui m’attire tout particulièrement dans les tâches que s’incombe l’ADMEA. Mais ce n’aest pas là le vecteur unique. En effet, pour nombre d’entre nous qui étions jeunes à l’époque des faits et qui, comme moi, ont vécu cet épisode en différé, car pris dans une autre histoire d’immigration, cette association permet un véritable exercice de mémoire, une manière de se réapproprier, sans nostalgie et sans haine, un moment de son histoire.
Et c’est là que l’exercice devient passionnant : tenter de comprendre, comprendre, analyser avec le recul, écouter les témoignages, recouper les faits…, en un mot, reconstituer les morceaux d’une histoire trop vite oubliée, d’une page de l’histoire tournée sans être lue.
Lisons ensemble cette page de l’histoire, de notre histoire, «notre» ne signifiant pas simplement ceux qui ont vécu l’instant mais «notre» en tant que Marocains, en tant que Rifains, en tant que Maghrébins, en tant que démocrates.
Lisons ensemble cette page pour pouvoir la transmettre à nos enfants et nos petits-enfants.
Nous voulons savoir comment des familles entières, dépossédées de leurs biens, déchiquettées du jour au lendemain dans leur tissu familial, social, relationnel ont été reçues dans leur pays d’origine.
Nous voulons savoir combien elles étaient. Ce qu’elles sont devenues? Ont-elles terminé leur trajectoire forcée au Maroc? L’ont-elles prolongée dans un parcours migratoire?
Nous voulons savoir quels ont été les effets, à court, moyen et long terme sur les relations affectives des Marocain/es expulsé/es. Que sont devenues ces personnes brisées dans leur quotidien? Que sont devenues ces familles séparées? Que sont devenus ces enfants dont on a brutalement sectionné la scolarité? Comment ont-elles assumé leur subsistance lorsqu’elles se sont vues privées de toute ressource matérielle et financière?
On pourrait encore et encore continuer cette liste de questions mais ce serait inutile car elles sont connues ; ce sont les réponses qui tardent.
Le Maroc a eu le courage d’ouvrir le dossier sombre des années de plomb en installant une commission ad hoc, l’Instance Equité et Réconciliation (IER), qui, malgré toutes les limites qu’on peut lui imputer a eu le mérite de libérer la parole, de dire l’indiscible, de penser-panser les plaies, de se hasarder vers une sérénité individuelle et nationale.
C’est aussi dans cette direction qu’il faudrait se diriger pour cette période maroco-algérienne qui coïncide avec la période noire que j’ai évoquée.
Et à ce niveau, chères amies, chers amis, au risque de vous heurter, quelles que soient les ambitions de l’ADMEA ou d’autres associations, vous ne pourrez venir seuls au bout de la tâche.
Les responsables marocains, les décideurs politiques, le gouvernement doivent soutenir leurs citoyens dans la démarche et leur assurer soutien moral, logistique et autre.
Du côté algérien, il en va du même exercice. Malgré toute la honte qu’il peut éprouver pour le geste, il lui appartient et fait partie intégrante d’un moment de son histoire qui doit être assumé. Il serait tout à l’honneur des décideurs politiques algériens, du gouvernement algérien d’entrebaîller la porte et d’oser aller à la rencontre des personnes qui ont été les victimes d’un acte politique misérable, dénué de toute considération pour l’être humain et sa dignité.
Qui des deux parties osera franchir le premier pas? Car quel que soit l’attentisme politique, les citoyens marocains et algériens continuent de se côtoyer : les frontières sont poreuses et chaque jour des centaines de personnes les franchissent allègrement sous l’œil bienveillant -ça ne s’invente pas !- de «zouj beghal» (deux mulets).
Mais quelle que soit la force des motivations, des passions, de persuasion des citoyens, ils ne peuvent violer les portes du politique. Et c’est pourtant derrière cette porte que se trouve la solution. Le politique doit comprendre que ces frontières sont non seulement ridicules car inefficaces mais qu’elles portent un coup fatal à une union qui pourrait s’avérer fructueuse à bien des égards.
Le développement d’un Etat ne peut s’envisager sans un cadre de démocratie, de solidarité et d’échange. Si le Maroc et l’Algérie aspirent véritablement à un climat de paix, de démocratie et de bien-être de leurs citoyens, ils ne pourront plus se permettre de jouer plus longtemps encore la politique de l’autruche.
Nous espérons dès lors, que toutes les initiatives, comme celle développée ce jour viendront les renforcer dans leur volonté de s’asseoir autour d’une table et d’engager un travail de dialogue et de construction en vue du développement harmonieux du Maghreb, dans un premier temps, avant de s’étendre à d’autres régions.
Et si, malgré tout la raison et le bon sens ne l’emportent pas sur l’entêtement stérile, nous continuerons à œuvrer toujours dans la même voie : celle de la défense des droits humains, de la démocratie et de la solidarité entre les peuples.
Je vous remercie de votre attention
03 Sep 2008
Je trouve votre site tres interessant et je vous salut et felicite a tous pour votre patience et endurance pour mettre la lumiere sur notre deportation et l'injustice que nous avons subit en Algerie.
Ma famille qui habitait a Oran a recu le meme traitement. En 1975 mes vieux parents et mes deux freres ont ete reveille a 2 heurs du matin par la police qui les a conduit au concentration camp , puis rapatries vers le maroc. Mon pere a decede dans le camp des rapatries d'Oujda. Ma mere elle, elle a decede a Oran . je n'ai pu ni etre present ni assiste mes parents pour leurs dire adieu. Mon jeune frere quelques annees apres, il s'est suicide. Mes parents etaient toujours en deuil, car ils avaient perdu deux fils pendant la guerre pour l'independance de l'Algerie. Les Algeriens nous ont fait souffrire, pourtant nous avons partage leurs souffrance pendant preseque 8 annees de guerre et misere. Notre justice elle, elle sera faite par Dieu. Voila l'histoire et mes souvenirs d'Algerie. Enfin voila tout, je vous souhaite a tous bon courage et que Dieu sous assiste dans ce triste et dure chemin. lurcher
Je ferais mon mieu,car cela fait longtemps. J'ai ete deporte a l'age de 20 ans, j'ai ete embarque par la police parseque je portais un passeport marocain. La police ma amene a chateau neuf ou j'ai ete photographie ,ils ont pris mes empreintes digitales et mesure ma hauteur et mon crane.
Puis apres j ai ete embarque vers une caserne de crs a Gambetta ou sainte Eugene. Jai essaye de demander pourquoi j'ete arrete , malheureusement leur reponse etait<< bela3 in3al dine rabak>>, plus beaucoup d'autres insultes. Une fois dans cette maudites caserne, j'ai ete choque de voire tous ces marocains, ils nous humiler tous les jours, on nous feasaient gratter le parterre tous les jours et toujours des insultes.
Parmis nous il y avait un homme qui voulez se tuer,car ils l'ont arrache de sa boulangerie et ses cinque enfants et sa femme n'etaient pas avec lui, car sa femmes etait Algerienne. Le pauvre homme etait en detresse tres choque pour ses enfants. Une semaine apres ,ils nous ont monte dans des cars direction maroc. Pendant ce trajet ces policiers chantaient et dansaient et tiraient en l'air avec leurs revolveres.
La chose la plus triste , c'est que les cars sont passes devant notre maison.
Nous sommes arrives a Margnia pres de la frontiere tard le soir, laba ils nous ont debarque dans une autre caserne de police ou nous avons ete questionne et humilie encore plus.
Plus tard nous avons ete derige vers la frontiere marocaine ou nous avons ete accueilli par la police.
La premiere chose que le policer marocain nous a demande , ces nos papiers qui malheureusement ils nous ont confisque. La seule identitee que je possedais c'etait mon passeport. Finalement ils nous ont mis dans des cars qui nous ont amene a Oujda. On se retrouve une autre fois dans un autre camps qui n'etait pas different de de celui d'Algerie.
Les gens qui connaissaient le maroc et avaient de la famille,desque les interrogations faites ils ataient libres de partir. Les gens qui devaient partir vers des villes tres loines, ont passe la nuit dans cette caserne ,ou simplement dans ce lieu reserve pour les gens expulses ou rapatries. Ce lieu etait la ou il y a aujourd'hui souk melila. Moi aussi j'ai passe la nuit laba , et plusiuers autres nuits, car j'avais pas ou aller et cette fois-ci encore pire je suis sans papiers, mon passeport m'a ete confisque.
Enfin pour ce moment c'est tout ce que je peux vous raconter. Demain si Dieu veut je vous raconte la suite qui n'est pas tres bonne
. Merci a tous pour vous Admin ,Sabria le deporte et tout le monde concerne et veut lire mon histoire. Je suis vraiment touche. Mon histoire est toute la verite pas un mensonge
Suite .apres l'arivee toujours menote au comissariat de Nador. Ce lieu est devenu ma maison pour plus de 2 mois, mon lit s'etait un banc. Mais j'ete libre de sortir comme je voulais. Apres Dieu ma fait rencontre avec deux hommes de haute autorite dans ce commissariat. Ma situation etait critique et je leur est fait de la peine.Ils ont decide de m'aider. Il m'ont presente au Pacha et lui est explique ce qui m'est arrive. Le Pacha a tout de suite donne l'ordre un employe de me faire une carte d'identite. mais j'avais pas de photos et l'argent. Un inspecteur de police ma amene au coiffeur est ma coupe les cheveux ,puis il ma amene dans un studio pour photos. Je n'ai rien paye, ils l'ont fait gratuit. Apres je suis retourne a Elbaladia pour la carte d'identite que l'ont ma fourni tout de suite sur l'ordre du Pacha. Je ne connaissais pas mon nom de famille, c'etait un nom perdu <> mon adresse sur ma carte d'identite etait Merquez al sharta (Qartier de police).J'ete vraiment content , enfin une porte a ete ouverte pour moi. Le Pacha ma offere du travail dans la Beladia<> mais malheureusement je ne sais pas ecrire l'Arabe. Finalement c'etait les memes personne qui m'ont presente a un homme de Berkan, qui possedait un club avec bar et restaurant et des chambres. Ce Gentleman ma donne une chambre et du travail dans le bar. Je suis reste plus d'une annee laba. Personne ne m'appelait maroqui, je me sentais enfin chez moi parmi mes freres et soeurs marocains. Apres j'ai fait mon passeport , la personne qui s'est occupe de mon dossier a la prefecture de Nador, lui aussi etait un rapatrie d'Oran. Une fois passeport dans mes mains j'etais libre et je suis parti. Cette periode etait la plus dure de ma vie, mais j'ai appris beaucoup de choses et appris a me tenir debout seul. Mon recit parait tres court , mais en realite c'etait la periode la plus longue, j'ai experience la faim et surtout la saltee ,mes habits etaient infestes par des poux. Dieu etait mon meuilleur ami, car ma mere et mon pere priaient toujours pour moi, meme pendant ses derniers moments dans ce monde, ma mere et moi ,on a pleure en se parlant par telephone. Ma mere ma dit qu'elle voulait me voire et elle m'aimait.
Pendant ces derniers moments elle n'a cesse de prier pour moi c'etait le soir, Suite .apres l'arivee toujours menote au comissariat de Nador. Ce lieu est devenu ma maison pour plus de 2 mois, mon lit s'etait un banc. Mais j'ete libre de sortir comme je voulais. Apres Dieu ma fait rencontre avec deux hommes de haute autorite dans ce commissariat. Ma situation etait critique et je leur est fait de la peine.Ils ont decide de m'aider. Il m'ont presente au Pacha et lui est explique ce qui m'est arrive. Le Pacha a tout de suite donne l'ordre un employe de me faire une carte d'identite. mais j'avais pas de photos et l'argent. Un inspecteur de police ma amene au coiffeur est ma coupe les cheveux ,puis il ma amene dans un studio pour photos. Je n'ai rien paye, ils l'ont fait gratuit. Apres je suis retourne a Elbaladia pour la carte d'identite que l'ont ma fourni tout de suite sur l'ordre du Pacha. Je ne connaissais pas mon nom de famille, c'etait un nom perdu <> mon adresse sur ma carte d'identite etait Merquez al sharta (Qartier de police).J'ete vraiment content , enfin une porte a ete ouverte pour moi. Le Pacha ma offere du travail dans la Beladia<> mais malheureusement je ne sais pas ecrire l'Arabe. Finalement c'etait les memes personne qui m'ont presente a un homme de Berkan, qui possedait un club avec bar et restaurant et des chambres. Ce Gentleman ma donne une chambre et du travail dans le bar. Je suis reste plus d'une annee laba. Personne ne m'appelait maroqui, je me sentais enfin chez moi parmi mes freres et soeurs marocains. Apres j'ai fait mon passeport , la personne qui s'est occupe de mon dossier a la prefecture de Nador, lui aussi etait un rapatrie d'Oran. Une fois passeport dans mes mains j'etais libre et je suis parti. Cette periode etait la plus dure de ma vie, mais j'ai appris beaucoup de choses et appris a me tenir debout seul. Mon recit parait tres court , mais en realite c'etait la periode la plus longue, j'ai experience la faim et surtout la saltee ,mes habits etaient infestes par des poux. Dieu etait mon meuilleur ami, car ma mere et mon pere priaient toujours pour moi, meme pendant ses derniers moments dans ce monde, ma mere et moi ,on a pleure en se parlant par telephone. Ma mere ma dit qu'elle voulait me voire et elle m'aimait.
Pendant ces derniers moments elle n'a cesse de prier pour moi c'etait le soir, le matin quand j'ai telephone, elle etait morte.On s'est jamais revu ni fait nos adieux.